20 novembre 2011 Thierry Pernin "quand à dieu plaira"
c’est écrit sur le linteau
au-dessus de la porte
tout comme un écriteau
que le cadre supporte
l’inscription est intacte
gravée dans la pierre
s’agirait-il d’un pacte
dérobé sous le lierre
plutôt de la soumission
l’empreinte en témoigne
vestige de la passion
de la foi qui s’éloigne
mais à cette époque
la piété se propage
chacun son soliloque
et son pèlerinage
l’os captive le monde
il cause des miracles
en tous lieux à la ronde
le Saint est au pinacle
dans la vieille rue des Chênes
entre ceux d’ici et ceux d’en bas
une bataille de glands fait rage
mais l’hiver est précoce
les enfants doivent rentrer
contraignant sacerdoce
d’aucuns vont idolâtrer
l’oraison est d’usage
toujours avant la soupe
oublier le tissage
la raideur de l’étoupe
et prier le saint patron
assis sur un banc boiteux
le benjamin est poltron
à vrai dire souffreteux
quand on a pas la force
la patience s’impose
si bien que sous l’écorce
on peut voir une rose
il s’appelle Nicolas
mais dans la ville de Port
ce sont tous des Nicolas
ainsi brave-t-on la mort