3 avril 2012 Thierry Pernin "du tiroir de l'échelle"
46 ans au compteur
il a vidé sa besace
relique de la pesanteur
son exigence de trace
suite d’empreintes à filer
jusqu’à user ses godasses
il fallait se ravitailler
coucher sur une paillasse
carte postale de l’endroit
il nous écrit de mémoire
un coup de crayon maladroit
esquisse dans son grimoire
au-dessus des immondices
sa certitude s’aiguise
la base d’un édifice
peut-être une église
non plutôt une chapelle
où les fidèles ont prié
sérénité à la pelle
et mystères appropriés
il téléphone au cheval
celui du tiroir de l’échelle
sa ligne est occupée
47 ans maintenant
zénith de ses compétences
le flottement est aliénant
ténèbres dans l’existence
la flamme se ravivera
peut-on croire au miracle
il est morose le quadra
incrédule à l’oracle
quelques mots de son impasse
carte postale de l’endroit
un lieu où rien ne se passe
y vivre paraît un exploit
en vérité plus pour longtemps
il ne le sait pas encore
mais peut-on rêver le printemps
quand on supporte l’aurore
là-haut chemin du grand bordel
un des chevaux est alezan
c’est un retour à l’essentiel
il a eu 48 ans