XVIII l’Angélus 27 mars 2010
Bien qu’il soit commun à tous, « L’Angélus » me concerne directement.
Malgré les apparences, je ne suis pas l’aîné de ma famille, car jusqu’à mes quarante-deux ans, j’ai été le fantôme de mon frère mort-né.
Mais revenons à nos moutons, l’envoyé s’est fait homme, il a trouvé le chaînon, et ça marche en somme.
.....................
l’ange élu demi est
un fœtus dedans le sac
son prénom par ricochet
une saga tout à vrac
il ouvre les paupières
lumière sans précédent
adieu la souricière
on a frôlé l’accident
coincé dans la fissure
il a livré bataille
la voie est obscure
et profonde l’entaille
posé là dans son berceau
un indice au poignet
frêle comme un moineau
roupie de sansonnet
il observe sa mère
dehors le crépuscule
elle tient le mystère
la foi des incrédules
...
en mille neuf cent soixante-trois
l’Angélus passa aux rayons X
on y voit le cercueil d’un enfant
...
lui a été inhumé
son frère aussi bien sûr
de ses mains il a creusé
l’humus préjugé impur
celui de ses ancêtres
sous un noyer sans âge
depuis ce jour champêtre
il a dissout l’alliage
ce lien qui le confinait
son esprit dans les limbes
fils aîné qui s’incarnait
petit prince sans nimbe
revenons à nos moutons
l’envoyé s’est fait homme
il a trouvé le chaînon
un fantôme en somme
déposé dans son couffin
semblable à un paquet
authentique séraphin
l’ange élu demi est
