XXI un beau dimanche 23 juillet 2010
sur une chaise bancale
au milieu des deux mondes
dans sa conscience focale
l’air lui paraît immonde
Marthe fixe la tablée
la même chaque dimanche
au premier regard d’emblée
son vieux remonte les manches
il va découper le poulet
quel office patriarcal
tout un chacun a son boulet
ce repas est congénital
elle vient d’avoir ses règles
à treize ans comme maman
même naturel espiègle
on ne renie pas son clan
les os craquent sous la lame
grand-mère est un peu sourde
son petit frère réclame
elle avale ses bourdes
...
le vieux prend la parole
il dit : Mon travail est fait !
et tombe sur la viande
...
sa tête dans la carcasse
relents de peau grillée
l’image semble cocasse
pour tous sauf pour l’aînée
silence sous la tonnelle
une famille sans docteur
dans sa mort accidentelle
on entend déjà la rumeur
dès sa plus tendre jeunesse
Marthe voyait comme Janus
un regard sur la kermesse
et l’autre sur le tumulus
son père est en instance
là au milieu des deux mondes
tumulte dans l’assistance
son fantôme vagabonde
tant et si bien qu’il hésite
avant de choisir la fronde
que personne ne l’ébruite
mais la vie est Joconde
