6 avril 2015 Thierry Pernin "Pardon"
et si on pardonnait tout
si tout était pardonné
pour rien pour sûr pour des clous
sans jamais se prosterner
Lila court dans les couloir
elle est maculée de sang
pas de chien à l’abattoir
mais pourquoi tant de boucan
et pourquoi ce tas de viande
mon maître ne répond pas
plus de rires de la bande
c’est pourtant l’heure du repas
là tout le monde est couché
je n’aurai plus de galette
ils ont surgi pour prêcher
ces mabouls de la gâchette
quelqu’un vient de se lever
il m’observe bigrement
je commence à m’activer
et j’aboie fidèlement
un homme fait irruption
mais ils ont visé les têtes
il n’y a plus rien à faire
bien rangée parmi les morts7
dans le sang et dans les larmes
j’apporte mon réconfort
et assiste les gendarmes
tout du moins je l’imagine
nous sommes très occupés
et mon ventre crie famine
je rôdaille sans piper
à l’arrivée des secours
témoin muet du massacre
voici l’ultime recours
de la boucherie le sacre
ballet des hommes en blanc
et reflets des gyrophares
ceci dit pour être franc
faudrait m’emmener au square
si tout était pardonné
et si on pardonnait tout
je me sens abandonné
à qui est-il ce toutou