10 février 2015 Thierry Pernin "Les gardiens du temps"
le temps est passé sur nous
je ne te reconnais plus
les rides ont plissé ton cou
ai-je vécu en reclus
la raison me fait défaut
mes décisions sont éclectiques
se revoir puisqu’il le faut
à doses homéopathiques
je suis né avant mon âge
pourtant rien n’était écrit
dans un bouchon au péage
l’impatient retient son cri
tu as croisé un fantôme
dans la jeunesse de ta vie
il fredonnait jolie môme
c’est vrai que tu donnais envie
le temps n’écrit plus sur nous
là nous sommes injoignables
et avec toi je renoue
des désordres impalpables
quand il a descendu sa fenêtre
la machine a craché un ticket
et l’a ravalé pour l’emmerder
je ne me reconnais plus
le temps a fait des ravages
après la neige il a plu
des sillons sur mon visage
et je ne sais rien de moi
51 ans au compteur
comptable qui te côtoie
souvent fidèle admirateur
vont-ils ouvrir la barrière
je ne tiens plus mes chevaux
seras-tu ma cavalière
moi ton seigneur de Clairvaux
il a laissé sa voiture
avec les clefs sur le contact
et avec désinvolture
il en est ressorti intact
maintenant il fait du pouce
avec les gardiens du temps
débarqués à sa rescousse
et toujours intermittents