8 mai 2014 Thierry Pernin « odeurs de rien »
odeurs de rien ne change
deux tringles dans l’escalier
un raccourci pour les anges
nous accédons au palier
pas liés devant la porte
et lumière dans le vitrail
il est là en quelque sorte
mais nu sans son attirail
odeurs de rien ne presse
la salle d’attente est vide
on se croirait à confesse
l’instant lui paraît limpide
assis près de la fenêtre
avec vue sur le jardin
et une sensation d’être
ceci n’est pas anodin
la vie reprend de côté
qui pourrait s’en émouvoir
dans ce récit tricoté
il n’a pas choisi l’avoir
ici tout est bien rangé
rien n’est laissé aux hasards
mais ne dis rien des odeurs
il l’a connu sans filet
avec sa peur du vertige
tout le monde à son boulet
lui c’est plutôt les vestiges
toujours vue sur le jardin
eux deux assis côte-à-côte
le ton peut sembler badin
sans la parole qui est l’hôte ?
grincement dans le couloir
quelqu’un prépare la relève
autrement dit va falloir
ici on ne fait pas grève
lui s’est levé doucement
il dévoile ses chaussettes
ce geste indéfiniment
et reprendre sa musette
la moquette est saturée
salut à bon entendeur
au propre comme au figuré
souvenez-vous des odeurs