II requiem 30 octobre 2008
Il est question de généalogie dans « requiem », un caillou posé en 2006, ramassé plus tard et jeté à nouveau en 2008.
A Saint-Nicolas-de-Port, le 29 mai 1911, une méningite emporte le jeune Marcel-François, un des deux frères de mon grand-père paternel. Cette tragédie tombera rapidement dans l’oubli.
Mon grand-père baptisera sa deuxième fille, Marcelle, sans doute en mémoire de son frère.
42 ans au compteur
debout face à l'évier
François-Emile sanglote
lui qui ne pleure jamais
à Saint-Nicolas
dix-sept rue Jolain
en juin mil neuf cent onze
la Faucheuse est passée
ses larmes fondent
passent sa moustache
elles mouillent ses lèvres
la pierre est trempée
François-Emile vacille
lui qui ne fléchit jamais
la charpente devra tenir
il connaît son métier
pourtant saint Nicolas
nous vous avons prié
vous souffrez Marie
il est votre aîné
l'an mil neuf cent onze
aujourd'hui vingt neuf mai
huit heures du matin
sur la paillasse des parents
Caroline prostrée
étouffe ses cris de douleur
il lui faut abandonner
malgré son amour
la fièvre monte
Marcel-François décline
stabat mater dolorosa
à quatorze ans
ses deux frères témoins
quand le cadet s'effondre
Marcel-François rend son âme
on referme le casier
matériau déformé
il émet un couinement
requiem de l'objet
dans le tiroir usé
l'acte fut remisé
la mère sursaute
sa maison est hantée
