III de travers 11 août 2008
retour à l’ermitage
le vieux n’a pas bougé
il faudrait que je m’ouvre
lui dire mes volontés
murs de pierres sèches
et théière de travers
l’infusion embaume
de l’osmanthe butinée
il retire les feuilles
l’ouverture s’impose
volonté de lui dire
exprimer quelque chose
lui retracer l’histoire
la joie des retrouvailles
évoquer l’attachement
et la mémoire qui lâche
conscience du vide
le vieillard a bougé
il me tend sa sébile
offrande pour l’agité
quarante-quatre ans passés
et du flagrant pot aux roses
je garde quelques pétales
ceux de l’opiniâtre
et de la main offerte
ceux de l’enfant radieux
et ceux du jardinier
Ermitage du Prunus,
mille mètres facilement
dans la joie parfaite
le vieillard s’évertue
quand en lui chante un fou
il lui laisse libre cours
sa ballade l’entraîne
et le mène jusqu’à nous
l’accolade s’impose
et il faudrait que je m’ouvre
lui dire n’importe quoi
pourvu que l’amour s’égrène
retour de l’ermitage
la boucle est bouclée
et comme dit l’adage
l’ouverture s’impose