V la relève 27 octobre 2008
et si on déterrait le vieux
si on le remettait debout
d’entre son père et sa mère
le dégager de la bourbe
du caveau de famille
introuvable au cimetière
mais la chair quitte les os
pierre parmi les pierres
ces corps légers dans la misère
ne nous servent à rien
il sait cela comme son Pater
celui des dimanches en matin
dans la vieille église
où le père fait son office
et la mère son chapelet
en regard de sa vie
ses fils au-delà du Rhin
l’encens qui s’évapore
et le petit dernier
...
il est là devant nous
relevé sur ses quilles
en parfaite innocence
...
et si on accordait nos pardons
si on se donnait la peine
quatuor en répétition
tout le monde sur la scène
évadé des ténèbres
en son âme et conscience
l’aîné prend la relève
passage du néant à l’être
tous ces petits cailloux blancs
corps légers dans la lumière
nous ramènent au bercail
où les violons sont accordés
puisqu’il n’y a pas que misère
que désordre sur la terre
composons au coude à coude
le final en vaut la peine
et si on faisait le deuil
si on renonçait vraiment
que ferions-nous du passé
aurions-nous l’air plus grands
