VI la mer 31 décembre 2008
et si on allait voir la mer
si on y allait maintenant
le thé est devenu amer
et le silence lancinant
45 ans au compteur
son caban jaune usuel
il est devenu narrateur
un travers obsessionnel
une manie de pêcheur
avec sa pipe dans la main
un peu comme un défricheur
regards sur le genre humain
conte-moi une histoire
ou dessine-moi un mouton
le trait est aléatoire
et tu restes sur le ponton
mais dis-moi ce que tu fais là
avec tes mains dans les poches
on se passe du tralala
ton écharpe s’effiloche
...
Ouest à Nord-ouest 3 à 4
devenant variable le matin
averses se faisant orageuses
...
la mer est une salope
tout le monde le sait ici
tu veux que je développe
que je prenne un raccourci
elle sort d’où cette pipe
je la cogne pour la vider
la brumasse se dissipe
tout juste de quoi s’attarder
et si on regardait la mer
si tant est qu’elle soit haute
on tourne le dos à l’amer
un repère sur la côte
raconte-nous quelque chose
ne nous laisse pas comme ça
mémoires de pas grand chose
à la rame tel un forçat
45 ans au compteur
pas tout à fait mais quand même
quant à la panne de secteur
elle boucle ce poème
